Marie Ferranti, "Une haine de Corse", ou l'histoire véridique de Napoléon Bonaparte et de Charles-André Pozzo di Borgo 
 
Totalement inclassable cet ouvrage. Un genre hybride qui a son intérêt. Ni essai, ni étude historique, ni roman. Quoique s’en réfère Marie Ferranti. Mais ce n’est pas écrit sur la couverture. C’est vrai qu’elle intervient souvent. Digresse parfois. Invite sa famille qui n’a pas de mots assez forts pour vénérer l’Empereur. Mais s’appuie aussi sur de (trop ?) forts nombreuses citations, et pas seulement des deux duettistes. Mais cela se laisse lire. Devient intriguant. On aimerait en savoir plus. On tourne les pages. On est pris dans la nasse de l’Histoire.  
Car rien ne vaut l’Histoire pour raconter ses (petites) histoires. Où comment deux amis de collège en arrivent à se brouiller à mort. Pozzo plus encore, vouant une haine sans bornes (conte Ouvaroff) au jeune militaire plein d’avenir. Borgo épousera la carrière de notaire pour finir par conseiller le tsar puis Louis XVIII. Enfin, tous ceux qui pourront se dresser devant Bonaparte... Et Napoléon, souvent seul, génie incompris, pensera son plan et parviendra à ses fins : imposer sa domination sur toute l’Europe. Visionnaire et fin politique, l’Empereur fera néanmoins quelques choix hasardeux qui le mèneront au calvaire de l’exil. Jamais homme n’aura autant été aimé et haï à la fois.  
Anecdotes, rumeurs, billets, notes, interprétations... tous les ingrédients sont là pour donner encore - si cela est possible - un peu plus d’éclat à la destinée extraordinaire de Napoléon 1er. Un livre riche et foisonnant. Aux portes de l’exactitude, certes, mais n’est-ce pas là le rôle de l’écrivain que de savoir se glisser dans les habits d’un autre pour combler les blancs ?  
Merci Marie Ferranti. 

Annabelle Hautecontre